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JEAN-ERIC NKURIKIYE - AMSHeR : « On ne peut pas arrêter le Vih Sida si on ne s’occupe pas des personnes marginalisées »

AMSHeR est une organisation de 18 Ong issues de 4 pays d’Afrique. Elle s’est spécialisée dans le plaidoyer pour l’accès aux soins de santé de qualité pour les LGBTI. Jean-Eric Nkurikiye, responsable du programme de renforcement des capacités des organisations membre d’AMSHer, nous en parle.

 

Flamme d’Afrique : AMSHeR s’est spécialisée dans le plaidoyer pour des soins de qualité envers les GTBTI. Cette population a-t-elle des difficultés pour avoir accès aux hôpitaux publics ?

Jean-Eric Nkurikiye : Absolument. C’est la raison pour laquelle la coalition AMSHeR est née en 2009.  Le constat a été fait que les populations LGBTI n’avaient pas accès à des soins de qualité, notamment dans la réponse au Vih/sida. Il n’y avait pas de programme pour ces personnes.  L’un des objectifs principaux d’AMSHeR est de faire un plaidoyer au niveau régional mais aussi national pour assurer l’inclusion des personnes LGBTI dans les programmes de santé afin qu’elles puissent bénéficier  de traitements adéquats au cas où elles seraient atteintes du Vih.

FA : Pourquoi les LGBTI sont-elles marginalisées au niveau de l’accès aux soins ?

Ce sont des personnes qui sont criminalisées dans certains pays. Cela fait qu’elles ne sont donc pas prises en compte au niveau de l’accès à la santé. Elles sont discriminées lorsqu’elles se rendent dans des centres de santé pour avoir des soins. Dieu merci, il y a eu des avancées, depuis 2009, dans certains pays, avec la sensibilisation qui est menée.

FA : Quels sont les pays où l’accès aux centres de santé public est le plus difficile ?

C’est un peu partout en Afrique. Même dans les pays où il y avait eu des avancées on commence à voir des comportements homophobes, comme en Tanzanie et au Burundi. Dans ces pays, on accuse le personnel médical qui donne des soins à des homosexuels de faire la promotion de cette orientation sexuelle.

FA : Refuser qu’il soit prodigué des soins aux LGBTI ne serait-ce pas préjudiciable à la population générale en cas d’épidémie ou de maladie transmissible d’une personne à une autre ?

Par exemple, on ne peut arrêter le Vih/sida si on ne s’occupe pas des personnes marginalisées. Il faut s’assurer qu’elles puissent avoir aussi des soins de santé sinon cela peut se répercuter sur la population générale. Ce ne sont pas tous les homosexuels qui se contentent de sortir seulement avec des hommes. Il y en a qui vont également avec les femmes. Il faut donc tous les prendre en compte.

Herman Bléoué

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