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Les ONG à la 61eme session ordinaire de la CADHP

Un air de liberté après le départ de Jammeh

Le Forum sur la participation des Ong à la 61ème session ordinaire de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (Cadhp) s’est ouvert, ce 28 octobre, au Kairaba Beach Hotel de Banjul (Gambie) sous la présidence du Procureur général et ministre de la Justice de Gambie, M. Abubacar Tambadouu. Un acte salué par les délégués au Forum, dans une atmosphère consensuelle qui montre que les choses changent dans ce pays où la Cadhp a été longtemps juste tolérée par un régime que son caractère dictatorial avait pratiquement mis au ban de la communauté internationale.

C’est sous des applaudissements que le président de séance confie n’avoir «jamais vus dans cette conférence» que M. Tambédou a clôt son discours, après avoir reconnu l’action des Ong nationales et internationales qui ont aidé la Gambie dans sa longue lutte pour la victoire du processus démocratique. Aux membres de la société civile venu des différentes régions d’Afrique pour faire un état des lieux de la lutte pour les droits humains, il a annoncé que sont pays vit une nouvelle ère. Celle d’être «la capitale des Droits de l’homme en Afrique». Une image utilisée pour dire que la Gambie ne doit pas seulement abriter le siège de la Cadhp, mais constituer le fer de lance pour la promotion des droits de l’homme en Afrique. « La Gambie veut se conformer aux normes internationales en matière de défense des droits de l’homme », a proclamé M. Tambédou.

Devant ce forum qui accueille quelque 200 Ong africaines et des observateurs qui viennent d’autres continents, M. Saranbaatar Bayarmagnai du bureau du Haut commissaire aux Droits de l’homme avait précédé M. Tambédou au micro pour saluer, lui aussi, une société civile africaine qui est en avant-garde de la lutte pour les Droits de l’homme, pour une vie sans peur débarrassée de toutes contraintes sur le continent. « Les intimidations, les violences, les limites aux libertés, la protection et l’élargissement de l’espace civile font partie de notre lutte. Les menaces et les attaques contre les acteurs des droits de l’homme sont préoccupants», déplore-t-il, pour noter que «lorsque les défenseurs des droits humains sont attaqués, c’est la démocratie elle-même qui est attaquée ».

Deuxième orateur de ce Forum avant son ouverture par M. Tambédou, la présidente de la Cadhp, Mme Pansy Tlakula, a rappelé que  «le travail qui reste à faire est énorme. Les Ong doivent aider la Commission africaine des Droits de l’homme et des peuples à élever la voix lorsque les Droits de l’homme sont violés et que les défenseurs des Droits de l’homme sont intimidés ou tués». Pour elle, la société civile et les peuples africains doivent amener les Etats africains à adopter la Charte africaine Droits de l’homme et/ou à s’y conformer.

Après deux années passées à la tête de la Cadhp, Mme Pansy Tlakula tourne ainsi une page. Cette session est la dernière qu’elle préside. Un hommage lui a été rendu pour sa ténacité dans la direction de l’institution, dans un contexte politique gambien difficile.

Herman Bléoué

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