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Protection des droits de l’homme en Afrique : les droits sociaux et économiques à la traîne

En matière de droits de l’homme, les droits sociaux et économiques sont à la traine. Ce constat a été fait lors du panel sur «La promotion et la protection des droits économiques et sociaux par la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples : Business et droit de l’homme». C’était à l’occasion du Forum des Ong préparatoire au 61e sommet de la Cadhp qui se tient à Banjul du 28 octobre au 1er novembre.

Préposés à l’animation de ce panel, Angella Nabwowé de l’Ouganda, Brigadier Siachitema de l’Afrique du Sud et de l’avocat international anglais Martin-Day Leigh-Day ont trouvé «inadmissible», notamment la première, que «les droits sociaux et économiques soient négligés par les Etats» après 30 années d’existence de la Cadhp.  Non pas que la Commission ne fasse pas assez de sensibilisation et de recommandations, mais par la faute des Etats qui n’arrivent pas à mieux maitriser le secteur privé.

A l’en croire, la recherche effrénée du profit fait que quelquefois l’homme est sacrifié au détriment du gain financier. «Le secteur privé, en lui-même n’est pas mauvais, reconnaît-il, mais il est difficile de le réglementer » en ce qui concerne la prise en compte de la dimension humaine et humanitaire. Les Etats africains ne devraient donc pas tout abandonner entre les mains du secteur privé qui n’a pas vocation de faire du service publique et de prendre en compte toutes les franges de la population. Malheureusement, insiste-t-il aussi, quand un Etat dit prendre en main l’aspect social, cela est souvent éphémère. « Quelle est la qualité de l’école gratuite annoncée par des Etats? Au-delà de cette qualité, la gratuité est-elle véritablement effective ? Combien d’Etats accordent un budget conséquent à la santé ? », questionne-t-il avant de suggérer que les Etats s’impliquent davantage dans l’éducation et la santé.

« Les règlements sont souvent théoriques, et non pratiques sur le terrain », a déclaré Brigadier Siachitema. A l’en croire, des Etats signent des accords et prennent des résolutions juste pour faire momentanément bonne impression ou en tirer un éventuel bénéfice temporaire. Puis, plus rien. Aussi, a-t-il invité la société civile à plus de vigilance.

Au niveau économique, Martin-Day Leigh-Day a attiré l’attention sur le fait que des multinationales sont coupables de beaucoup de violations des droits de l’homme à cause de leur puissance financière. Elle leur sert à retarder des procès ou à les faire classer sans suite, si la victime n’est d’ailleurs pas déboutée. « Les pauvres sont souvent livrés à eux-mêmes dans de nombreux systèmes judiciaires. Souvent des poursuites judiciaires ne sont pas possibles dans les pays africains à cause des blocages et autres corruptions», confie-t-il. Dans ces cas il recommande de saisir les tribunaux des pays d’origine de ces multinationales, généralement basées en Occident. « Tous les systèmes sont bons et tous les systèmes sont mauvais, selon les acteurs qui les animent », a-t-il conclu.

Herman Bléoué  

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